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Se marier en France avec un étranger : les papiers, le certificat de coutume, l’audition et la suite
Un mariage entre un Français et un étranger se célèbre à la mairie comme les autres, avec quelques pièces en plus : un acte de naissance étranger de six mois au plus, traduit par un traducteur assermenté, selon la nationalité un certificat de coutume, et une audition. Ce que chaque pièce prouve, comment se passe l’audition, et ce que le mariage change, ou pas, pour le séjour.
L’essentiel
6 moisau plus : l’âge de l’extrait d’acte de naissance étranger, avec filiation, compté au jour du dépôt du dossier à la mairie.
- Un Français peut se marier en France avec un étranger dans la commune où l’un des deux a son domicile ou une résidence d’au moins un mois, ou dans celle d’un de leurs parents.
- Le futur époux étranger fournit en général un extrait d’acte de naissance avec filiation de six mois au plus, traduit par un traducteur assermenté et parfois légalisé ou apostillé, et la mairie peut demander un certificat de coutume ou de célibat.
- L’officier d’état civil auditionne les futurs époux ensemble, parfois séparément, et ne peut pas refuser le dossier ; en cas d’indices sérieux de fraude, il saisit le procureur, qui a quinze jours pour laisser faire ou s’opposer.
- Le mariage ne donne pas de titre de séjour automatique, et la déclaration de nationalité française par mariage n’est possible qu’après quatre ans de mariage et de vie commune.
Dans cet article
Le mariage d’un Français avec un étranger suit les règles de tous les mariages célébrés en France : une mairie, un dossier, des bans publiés dix jours, deux à quatre témoins, une cérémonie dans une salle ouverte au public. Ce qui change, ce sont les pièces du futur époux étranger et le temps qu’il faut pour les réunir. Certaines viennent d’un consulat, d’autres d’un pays lointain, presque toutes doivent être traduites, et elles ont une date de péremption. Comptez large.
Les pièces communes à tous les couples, identité, domicile, témoins, sont dans le guide du dossier de mariage en mairie. Ici, ce qui s’y ajoute, et ce qui vient après.
Où se marier
La règle est celle de tout mariage : dans la commune où l’un de vous a son domicile, ou une résidence d’au moins un mois à la date de publication des bans, ou dans celle du domicile ou de la résidence de l’un de vos parents. La nationalité ne change rien à ce choix, et un lieu de réception n’ouvre aucun droit.
Un cas particulier : des futurs époux de même sexe, dont l’un est français, qui vivent dans un pays où leur mariage est interdit peuvent se marier en France dans la commune de naissance ou de dernière résidence de l’un d’eux, ou dans celle d’un parent, et à défaut dans la commune de leur choix.
Les pièces du futur époux étranger
| Pièce | Ce qu’elle prouve | À savoir |
|---|---|---|
| Extrait d’acte de naissance avec filiation | L’état civil et la filiation | Six mois au plus au jour du dépôt du dossier ; traduit par un traducteur assermenté, ou en version plurilingue ; aucun délai si le pays ne met pas ses actes à jour, avec une attestation du consulat |
| Légalisation ou apostille | Que l’acte étranger est authentique | Selon le pays d’origine ; les ressortissants de certains pays en sont dispensés, la Suisse par exemple |
| Certificat de coutume | Les règles du pays sur le mariage, l’état civil, l’absence de mariage antérieur | En général délivré par l’ambassade ou le consulat du pays en France |
| Certificat de célibat ou de capacité matrimoniale | Qu’il n’est pas déjà marié | Demandé quand le pays ne peut pas fournir de documents à jour |
| Pièce d’identité | L’identité | Passeport, carte de séjour ou tout document avec photo délivré par une autorité publique |
| Décision de divorce, s’il y a lieu | La fin d’une union précédente | Prononcée à l’étranger : jointe avec sa traduction par un traducteur assermenté |
Le délai de six mois se compte à partir du dépôt du dossier, et non de la cérémonie. C’est le dépôt qui déclenche la publication des bans. Un acte demandé trop tôt, ou traduit des semaines avant un dépôt qui traîne, devient trop vieux et se redemande.
Si le pays ne délivre pas de certificat de coutume, la mairie accepte une attestation des autorités de ce pays qui le précise, accompagnée d’une attestation d’un avocat ou d’un juriste sur les règles du mariage là-bas. À défaut, une attestation sur l’honneur : majeur, célibataire, juridiquement capable. L’officier d’état civil doit alors vous prévenir que votre mariage risque de ne pas être reconnu dans le pays d’origine, ce qui compte si vous comptez y vivre ou y faire valoir vos droits.
Les réfugiés et apatrides, eux, n’ont pas de certificat de coutume à fournir, et l’officier d’état civil ne doit pas se tourner vers les autorités du pays qu’ils ont quitté. Leur acte de naissance est remplacé par un extrait de moins de trois mois établi par l’Ofpra, l’office qui les protège.
L’audition, puis le procureur si besoin
Au dépôt du dossier, l’officier d’état civil vous auditionne tous les deux ensemble, et peut demander des entretiens séparés s’il l’estime utile. L’audition est la règle pour tous les couples, français ou non ; elle n’a pas lieu en cas d’impossibilité, une maladie par exemple, ou si l’officier ne la juge pas nécessaire. Si l’un de vous vit à l’étranger, elle peut se faire à l’ambassade ou au consulat de France. Un interprète peut être demandé, à vos frais s’il est rémunéré.
Ce qu’elle vérifie : un consentement libre, et un mariage voulu pour lui-même. L’officier d’état civil ne peut pas refuser votre dossier, avant comme après l’audition. S’il relève des indices sérieux de fraude, un consentement absent ou un mariage contracté pour un autre but, comme un titre de séjour, il doit en revanche alerter le procureur de la République.
- Le signalementL’officier d’état civil transmet le dossier au procureur de la République.
- Quinze joursLe procureur a quinze jours pour laisser procéder au mariage ou s’y opposer.
- Un sursis, si une enquête est nécessaireIl peut décider d’un délai d’un mois au plus, renouvelable. Sa décision est motivée et vous est communiquée.
- En cas d’oppositionVous pouvez demander la mainlevée au tribunal judiciaire ; l’avocat est obligatoire, et le tribunal statue dans les dix jours.
Ce calendrier compte dans votre organisation : un sursis d’un mois, renouvelé, peut repousser la date. Déposez le dossier tôt, et ne versez pas de sommes non remboursables à vos prestataires avant que la mairie ait confirmé la date. Les points à vérifier avant de signer sont dans les signaux d’alerte d’un prestataire de mariage.
Le régime matrimonial : une question à poser avant
Quand les époux n’ont pas la même nationalité, la loi qui s’applique à leurs biens n’est pas forcément la loi française. Service-public souligne que le notaire a un devoir de conseil particulièrement important si l’un des époux n’est pas de nationalité française. Un contrat de mariage permet de choisir la loi applicable et le régime : il se signe avant la cérémonie, et le certificat du notaire rejoint le dossier remis à la mairie. Si vous comptez vivre dans le pays de votre conjoint, posez aussi la question à un notaire ou à un juriste de ce pays.
Le jour J dans deux langues
La cérémonie est en français, et l’officier d’état civil lit les articles du Code civil sur les droits et devoirs des époux. Si votre futur époux ne comprend pas le français, un traducteur-interprète peut être présent, à vos frais s’il est rémunéré : prévenez la mairie au dépôt du dossier. Vos témoins, deux à quatre et majeurs, fournissent leur date et leur lieu de naissance et la copie de leur pièce d’identité, qu’ils soient français ou non.
Le livret de famille vous est remis à la fin de la cérémonie, quelle que soit la nationalité des époux. Pour accueillir la famille venue de loin, le mariage bilingue donne des idées pour les discours, les faire-part et la journée.
Après le mariage : le séjour et la nationalité
Le mariage avec un Français ne donne pas de titre de séjour automatique. L’époux étranger hors Union européenne peut en obtenir un sous conditions : la vie commune n’a pas cessé depuis le mariage, l’époux français a gardé sa nationalité, le mariage célébré à l’étranger a été transcrit, et il n’y a pas de polygamie.
- S’il vit à l’étranger : un visa de long séjour se demande au consulat de France du pays de résidence, puis se valide dans les trois mois suivant l’arrivée en France, en payant une taxe
- S’il est déjà en France et y est entré régulièrement : une carte de séjour « vie privée et familiale » peut se demander sur place si le mariage a eu lieu en France et que vous vivez ensemble en France depuis plus de six mois
- Pour la nationalité : la déclaration de nationalité française par mariage est possible après quatre ans de mariage, avec une vie commune continue et une connaissance suffisante du français ; elle se dépose à la plateforme d’accès à la nationalité de votre domicile, ou au consulat si vous vivez à l’étranger
Chaque situation a ses détails, selon la nationalité et le parcours de votre conjoint. Vérifiez auprès de la préfecture, ou du consulat de France si votre conjoint vit à l’étranger, avant de fixer la date et d’acheter des billets.
Sources et textes de référence
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Notre méthode éditorialeQuestions fréquentes
Les questions qu’on se pose
Qu’est-ce qu’un certificat de coutume ?
Que faire si le consulat ne délivre pas de certificat de coutume ?
L’audition des futurs époux est-elle obligatoire ?
Le mariage avec un Français donne-t-il un titre de séjour ?
Au bout de combien de temps peut-on demander la nationalité française par mariage ?
Faut-il parler français pour se marier en mairie ?
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